Sillage et tenue : deux choses différentes, souvent confondues
Un parfum peut tenir douze heures sans que personne ne le remarque, ou emplir une pièce et disparaître avant midi. Ce sont deux mesures indépendantes.
Ce sont les deux reproches les plus fréquents faits à un parfum, et ils ne décrivent pas la même chose.
La tenue
C’est la durée pendant laquelle vous sentez encore le parfum sur votre peau. Elle dépend de la concentration, du fond de la formule, et beaucoup de la peau elle-même : une peau sèche retient moins qu’une peau grasse, ce qui explique des écarts considérables d’une personne à l’autre pour un même flacon.
Le sillage
C’est la distance à laquelle les autres le perçoivent — la trace que vous laissez en quittant une pièce. Un sillage large tient à des molécules diffusives, pas forcément tenaces.
Pourquoi les deux se dissocient
Un parfum musqué et boisé peut rester douze heures collé à la peau sans dépasser le col : forte tenue, sillage nul. À l’inverse, une eau fraîche aldéhydée peut se sentir à trois mètres pendant deux heures puis s’évanouir : sillage large, tenue faible.
Aucun des deux n’est un signe de qualité. Un parfum discret n’est pas raté : il est fait pour être découvert de près.
Et l’anosmie de nez
Au bout d’un moment, vous ne sentez plus votre propre parfum. Ce n’est pas qu’il a disparu : votre odorat s’y est habitué et cesse de le signaler. C’est la première cause des « il ne tient pas » — le seul moyen de vérifier reste de demander à quelqu’un, ou de sentir un vêtement porté la veille.
Sur chaque fiche parfum, la communauté vote séparément sur la tenue et sur le sillage. Les deux barres sont indépendantes, précisément pour cette raison.